Récupérer l’eau de pluie pour alimenter les toilettes fait partie des usages qui connaissent un très fort développement. Permise par la réglementation française, elle présente de nombreux atouts. Néanmoins, sa mise en œuvre, plus complexe que pour l’arrosage du jardin, requiert plusieurs précautions. Zoom sur le système de récupération d’eau de pluie pour WC à travers tous ses aspects.
Sommaire
- La faisabilité de la récupération d’eau de pluie pour les toilettes
- Pourquoi installer un système de récupération d’eau de pluie pour WC ?
- Comment réaliser votre projet de récupération d’eau de pluie pour les WC ?
- 1/ Définir votre besoin en alimentation en eau de pluie des chasses d’eau
- 2/ Déterminer quel type de cuve pour votre système
- 3/ Comparer les solutions d’appoint en eau
- 4/ Choisir le lieu d’implantation de votre récupérateur d’eau de pluie pour chasse d’eau
- 5/ Finaliser le projet avec le kit de récupération d’eau de pluie pour WC
- 6/ Faire les démarches administratives
- 7/ Installer le système de récupération d’eau de pluie pour WC
- TUTORIEL : Comment brancher les toilettes à l’eau de pluie ?
- Comment entretenir votre dispositif de collecte de l’eau pluviale pour les sanitaires ?
- Combien coûte un système de récupération d’eau de pluie pour WC ?
- Coupler d’autres usages : Comment récupérer l’eau de pluie pour les WC et le lave-linge, voire d’autres utilisations ?
- Pompe à eau classique ou à surpression pour remplir la chasse d’eau de pluie ?
La faisabilité de la récupération d’eau de pluie pour les toilettes
Vous vous demandez si l’idée de récupérer l’eau pluviale pour alimenter une chasse d’eau est faisable ? La question soulève deux aspects : l’un technique, l’autre légal.
La possibilité technique d’installer un système de récupération d’eau de pluie pour WC
Si nous voyons tous le fonctionnement de la récupération d’eau de pluie pour les usages externes (comme l’arrosage du jardin), il est moins évident pour l’alimentation de la chasse d’eau. Pourtant, cela est tout à fait réalisable.
Si vous souhaitez utiliser l’eau qui coule sur votre toit pour arroser vos plants ou nettoyer votre voiture, le dispositif à installer est très simple. Il vous suffit de brancher une cuve aérienne de quelques centaines ou milliers de litres à votre descente de gouttière. Un collecteur classique, intégrant des filtres de base vous permettra de ne pas recueillir les feuilles mortes et autres débris végétaux. Un robinet en bas de la cuve vous permet alors de remplir un arrosoir ou un seau. Un tel système est peu coûteux et peut être mis en place par un bricoleur peu expérimenté.
Par contre, à partir du moment où vous souhaitez réaliser un système de récupération d’eau de pluie pour WC, la mise en œuvre devient un peu plus compliquée. Il est impossible de se passer d’une pompe, ce qui augmente les coûts. De plus, des précautions doivent être correctement mises en œuvre afin de respecter les contraintes légales.
Que dit la loi française ?
En France, il existe une réglementation spécifique pour la récupération de l’eau de pluie. Il n’est pas possible de faire ce que l’on veut. Récupérer l’eau pluviale pour les WC est autorisé explicitement par les textes réglementaires.
Toutefois, cette installation pour les toilettes requiert le respect de plusieurs conditions précisées dans l’Arrêté du 12 juillet 2024 (abrogeant l’Arrêté du 21 août 2008) dont voici les principaux points :
- Une installation facile d’accès et sécurisée avec une cuve opaque, nettoyable et vidangeable.
- La déclaration en mairie : concernant le rejet de l’eau de pluie dans le réseau d’assainissement collectif.
- Le compteur d’eau de pluie : Il est obligatoire pour calculer votre redevance d’assainissement dès que l’eau rejoint l’égout (WC).
- Le système de surverse totale avec garde d’air visible : Cette précaution indispensable décrite par l’Arrêté du 10 septembre 2021 en cas d’appoint dans le réseau d’eau potable évite tout risque de contamination du réseau d’eau potable. La norme NF EN 1717 (type AA ou AB) est préconisée dans un avis du 10 septembre 2021.
- Le dispositif de filtration d’au moins 1 mm (1000 microns) en amont du réservoir.
- Le trop-plein avec un clapet anti-retour.
- Un entretien régulier de l’installation : Un carnet sanitaire doit être complété régulièrement.
Notez que la signalétique et le verrouillage des robinets ne sont plus obligatoires pour les maisons individuelles.
L’objectif de la déclaration à votre commune et de l’installation d’un compteur d’eau est de pouvoir évaluer l’utilisation que vous avez du réseau d’assainissement avec l’eau de pluie. En effet, si vous utilisez l’eau de pluie dans votre jardin, elle ne rejoint pas le réseau d’assainissement. Par contre, si vous l’utilisez pour les toilettes (et le lave-linge), elle emprunte le réseau d’assainissement. Le but est donc de pouvoir vous facturer le coût d’utilisation du réseau d’assainissement par l’eau potable ET l’eau de pluie utilisée à l’intérieur de la maison.
Suite à la parution du Décret n° 2025-239 du 14 mars 2025, de nombreuses fausses informations ont circulé sur internet, notamment concernant une prétendue amende de 135 € qui serait appliquée aux particuliers utilisant l’eau de pluie pour leurs toilettes. Cette information est totalement erronée. Ce décret ne modifie pas la réglementation applicable aux installations domestiques de récupération d’eau de pluie et n’instaure aucune nouvelle sanction pour cet usage. Les particuliers respectant les conditions de l’arrêté du 12 juillet 2024 ne s’exposent à aucune amende.
Pourquoi installer un système de récupération d’eau de pluie pour WC ?
Utiliser l’eau de pluie pour les toilettes présente un triple intérêt :
- Réaliser un gain financier : La facture d’eau est en augmentation constante et cette évolution est durable. Même si son prix n’est pas encore excessif, les frais payés chaque année par les familles ne sont pas pour autant négligeables. La facture annuelle moyenne en France est de 580 €, dont 20 % concernent le remplissage des toilettes.
- Résoudre un gaspillage illogique : Utiliser de l’eau potable pour tirer une chasse d’eau est absolument ubuesque. Ce gaspillage idiot d’une ressource aussi précieuse que l’eau peut facilement être résolu avec une cuve d’eau de pluie. Dans la mesure où la pluviosité en France le permet, il est logique de se servir de cette eau tombée sur nos toitures. De plus, elle offre des qualités intéressantes : peu calcaire et peu minéralisée, ce que les canalisations apprécient tout particulièrement.
- Préserver l’environnement : Installer un système de récupération d’eau de pluie pour WC est un geste écologique qui participe à la préservation de la planète. Vous économisez ainsi la ressource en eau qui est de plus en plus rare. Vous participez à la préservation des nappes phréatiques qui ont tendance à s’assécher de plus en plus d’année en année.

Comment réaliser votre projet de récupération d’eau de pluie pour les WC ?
Voici toutes les étapes nécessaires à l’installation d’un système de récupération d’eau de pluie pour WC.
1/ Définir votre besoin en alimentation en eau de pluie des chasses d’eau
Avant toute chose, il est nécessaire de déterminer quelle installation vous allez entreprendre. Aussi, interrogez-vous sur le volume de cuve qu’il vous faut.
Vous pouvez procéder de plusieurs façons pour calculer vos besoins. Il peut être pertinent de réaliser un calcul en situation réelle. Pour ce faire, demandez que toutes les personnes de votre foyer notent à chaque fois qu’elles utilisent les toilettes durant une ou deux semaines. Ainsi, vous pourrez établir une bonne estimation de votre consommation annuelle.
Pour calculer votre consommation, vous pouvez également utiliser les statistiques existantes. Une chasse d’eau représente entre 5 et 10 litres d’eau. Chaque individu tire en moyenne 4 fois par jour la chasse. En moyenne, un ménage français consomme 149 litres d’eau par jour, dont 29 L pour les WC.
Une fois votre consommation établie, il convient de vérifier que votre toiture est en mesure de « produire » suffisamment d’eau pluviale. Pour cela, voyez la pluviométrie de votre commune ou de votre département. 1 millimètre de pluie représente 1 litre d’eau par mètre carré. Donc, si vous êtes dans le Finistère, la pluviométrie est de 1.299 mm en 2019, soit 64.950 L par an pour un toit de 50 m². Généralement, 10 % sont enlevés au titre de l’évaporation.
Après vos calculs, vous constaterez qu’un réservoir de 300-400 litres est suffisant. Il s’agit d’un des modèles les plus courants. Toutefois, avec ce volume, vous ne couvrirez que ces besoins en eau. Il vous faudra alors un bien plus grand modèle de réservoir pour combler tous vos besoins.
En outre, nous avons des retours d’expérience d’utilisateurs de ce système qui font état d’un manque d’eau récurrent en 2023. L’allongement des périodes de sécheresse impacte de plus en plus les besoins en stockage d’eau de pluie. En conséquence, si vous souhaitez être pleinement autonome, mieux vaut tabler sur un plus important volume, voire sur de la récupération des eaux usées.
2/ Déterminer quel type de cuve pour votre système
Si vous souhaitez utiliser l’eau pluviale pour vos sanitaires exclusivement, votre projet ne sera pas le même que si vous souhaitez aussi arroser votre jardin, laver vos véhicules, nettoyer les sols et alimenter le lave-linge. Vos besoins en termes de volume de cuve et de complexité de l’installation seront différents.
Vous allez devoir choisir entre une cuve aérienne (posée à même le sol), un réservoir souple et une citerne enterrée. Les matériaux peuvent être le plastique, le béton ou du textile. Pour uniquement alimenter les WC, il est souvent préféré un bac à poser, idéalement à l’intérieur pour éviter le gel et une usure trop rapide. C’est la solution la moins onéreuse et la plus simple à mettre en place.
Dans ce cas, vous pouvez installer le système de récupération d’eau de pluie pour WC dans un garage, un appentis ou le sous-sol. Une cuve en plastique de 300-400 L est le plus souvent suffisante, mais une contenance de 500L offre davantage d’autonomie.
Si vous préférez la citerne enterrée, elle sera le plus souvent en béton ou en polyéthylène. Elle va nécessiter des travaux de terrassement respectant certaines conditions. L’intervention d’un professionnel compétent est recommandée. Le coût est alors bien plus conséquent, à moins d’être intégré à un projet de construction neuve. C’est néanmoins la solution à privilégier, si vous souhaitez utiliser l’eau de pluie pour de nombreux usages et collecter une importante surface de toit.
Enfin, il est possible pour un volume important toujours de choisir les modèles souples. Ils ont l’intérêt de pouvoir se glisser dans un vide sanitaire, ce qui les rend très peu visibles sans travaux spécifiques.
3/ Comparer les solutions d’appoint en eau
Si votre récupérateur d’eau de pluie est vide, vous devez pouvoir repasser sur l’eau potable. La législation est contraignante et pas suffisamment explicite sur les options envisageables, principalement dans le respect de la disconnexion entre les deux réseaux de type « surverse totale » avec garde d’air visible. Voici les trois méthodes, de la plus simple à la plus automatisée.
Option 1 : Le remplissage manuel par « jet libre » (La plus économique)
C’est la solution de secours ultime. Elle consiste à remplir partiellement votre cuve de pluie avec votre tuyau d’arrosage.
- Mise en œuvre : On place le tuyau d’arrosage au-dessus de l’ouverture de la cuve.
- Conformité : 100 % conforme. C’est une « surverse totale » parfaite car il y a un vide d’air entre le tuyau et la cuve.
- Avantages : Coût zéro. Pas de modification des WC.
- Inconvénients : Fastidieux (il faut surveiller le remplissage). Comptabilisation 2 fois de l’eau du réseau lorsqu’elle est versée dans la citerne d’eau de pluie.
Option 2 : Le double robinet flotteur (Le meilleur rapport prix/confort)
On installe un deuxième robinet flotteur dans le réservoir des WC, dédié uniquement à l’eau de pluie.
- Mise en œuvre : On perce le réservoir pour ajouter une deuxième entrée. On installe une vanne d’arrêt sur chaque ligne (Pluie / Réseau).
- Conformité : Physiquement sûre. Elle respecte le principe de la garde d’air. Attention toutefois, certains services des eaux sont pointilleux et préfèrent un dispositif certifié NF.
- Avantages : Basculement rapide en ouvrant/fermant une vanne derrière le WC. Mesure exacte de la pluie via le compteur dédié.
- Inconvénients : Demande un peu de bricolage sur la porcelaine du WC.
Option 3 : Le bac de disconnexion certifié (La solution Pro)
On installe un petit réservoir tampon (environ 20L) entre le réseau potable et la pompe.
- Mise en œuvre : L’eau potable arrive dans ce bac via un flotteur certifié (surverse type AB). La pompe aspire alors soit dans la cuve, soit dans ce bac.
- Conformité : Indiscutable. C’est la seule solution qui garantit un avis favorable lors d’un contrôle technique strict du réseau.
- Avantages : Sécurité totale. Souvent automatisé (pas besoin de tourner de vannes).
- Inconvénients : Coût élevé (200 € à 1500 € selon l’automatisation). Exige de grandes compétences en bricolage. Le nouveau compteur d’eau intègrera aussi l’eau potable utilisée dans le réservoir en appoint, la comptabilisant 2 fois.
4/ Choisir le lieu d’implantation de votre récupérateur d’eau de pluie pour chasse d’eau
Vous allez ensuite devoir déterminer où installer votre citerne. Pour ce faire, tenez compte de trois localisations :
- Celle de la descente de gouttière à raccorder au dispositif
- Celle possible pour le type de cuve de récupération choisi
- Celle de vos toilettes
Une simple maison à deux pans, offre deux descentes de gouttière. Mais si vous disposez de plusieurs bâtiments ou d’une habitation d’une forme spécifique, vous pouvez avoir bien plus d’options.
Pour une cuve aérienne, certains modèles peuvent être laissés dehors, mais il sera plus sûr de les installer à l’intérieur. Pour une citerne enterrée, des contraintes d’implantation doivent être respectées : distance par rapport à la maison, implantation hors du passage des voitures…
Enfin, il est préférable de prévoir un système de récupération d’eau de pluie pour WC à proximité des toilettes. Bien évidemment, plus le dispositif est concentré, moins il sera coûteux et plus il sera simple à installer. Mais les contraintes sont nombreuses, et ce peut être difficile de tout concilier.
5/ Finaliser le projet avec le kit de récupération d’eau de pluie pour WC
Pour en terminer avec tous les préparatifs, il vous faut lister tous les achats à réaliser pour constituer un véritable kit complet de récupération de l’eau de pluie pour les WC. En effet, vous aurez besoin d’un ensemble d’équipements et d’accessoires pour procéder à cette mise en œuvre. De quoi doit être constitué votre kit ?
- La cuve, telle que définie précédemment, que vous pouvez trouver facilement en consultant les pages de comparatif accessible depuis le menu.
- La pompe de surpression (le plus souvent pour les bacs aériens) ou immergée (généralement pour les réservoirs enterrés).
- Les filtres :
- au niveau de la descente de gouttière, au minimum une filtration d’un millimètre pour retenir les feuilles mortes (obligation légale),
- avant les WC et après la cuve, une station de filtration intégrant au minimum un filtre à sable de 20 à 50 microns, comme décrit ici.
- Le collecteur raccordant la gouttière à la cuve (qui peut intégrer ou non un filtrage).
- L’indispensable trop-plein intégré au réservoir.
- Un robinet flotteur additionnel (dédié à l’arrivée d’eau de pluie) pour le réservoir des WC à choisir parmi ces modèles.
- 2 vannes d’arrêt manuelles, placées en amont de chaque flotteur pour choisir votre source d’eau.
- Le compteur d’eau supplémentaire qui se trouve ici très facilement.
- La solution d’appoint en eau du réseau retenue :
- Option 1 Le remplissage manuel : Un simple tuyau d’arrosage.
- Option 2 Le double robinet flotteur : Un deuxième robinet flotteur pour WC (environ 15 €) et 2 vannes d’arrêt manuelles
- Option 3 Le bac de disconnexion certifié : Un réservoir de disconnexion (20L minimum) avec robinet flotteur certifié NF, une électrovanne ou une vanne 3 voies (pour l’automatisme), un capteur de niveau de cuve.
- Les canalisations et autres flexibles d’alimentation nécessaires aux raccords des différents appareils.
Vous pouvez aussi faire appel à des professionnels pour obtenir plusieurs devis et prendre conseil.
6/ Faire les démarches administratives
Respecter les contraintes légales est important. Aussi, vous allez devoir réaliser une déclaration en mairie qui intègre les éléments suivants :
- L’identification du bâtiment concerné.
- L’évaluation des volumes utilisés à l’intérieur des bâtiments.
Pour vous aider à accomplir plus facilement cette démarche, nous avons élaboré un modèle de courrier (au format texte) de déclaration en mairie à compléter avec vos propres informations personnelles :
Je télécharge gratuitement le modèle de déclaration en mairie
7/ Installer le système de récupération d’eau de pluie pour WC
Enfin, il ne vous reste plus qu’à procéder aux travaux d’installation de votre dispositif ou de faire appel à un professionnel pour effectuer les branchements.

TUTORIEL : Comment brancher les toilettes à l’eau de pluie ?
Pour vous aider davantage encore à réaliser ce dispositif, voici toutes les étapes concrètes de sa mise en place (en prenant le cas de l’option 2 d’appoint au réseau potable avec un robinet flotteur) :
- Préparation du matériel : Vérifiez que vous disposez de tous les composants nécessaires pour l’installation et que le matériel est adapté et conforme aux normes de sécurité.
- Positionnement du réservoir : Choisissez un emplacement pour le récupérateur d’eau de pluie, idéalement à l’abri du gel (garage, cellier, etc.).
- Installation des filtres sur gouttière : Placez des crapaudines et filets de gouttière qui vont retenir les feuilles et branchages.
- Connexion du collecteur d’eau de pluie : Installez le collecteur d’eau de pluie (idéalement équipé d’un filtre) sur la descente de gouttière. Assurez-vous qu’il est correctement fixé et sécurisé.
- Connexion du trop-plein : Raccordez le trop-plein de la citerne au tout-à-l’égout. Assurez-vous qu’il est équipé d’un clapet anti-retour et éventuellement d’un siphon pour éviter les mauvaises odeurs.
- Installation de la pompe : Si elle est de surface, placez-la à proximité du réservoir, de préférence dans un endroit sec et accessible pour l’entretien. Si elle est immergée, placez-la dans le réservoir de pluie et fixez-la solidement. Connectez-la aux flexibles d’alimentation et assurez-vous que toutes les connexions électriques sont sécurisées.
- Filtration de l’eau de pluie : À la sortie de la pompe, installez la station de filtration.
- Installation du compteur d’eau : Installez un compteur d’eau dédié aux toilettes sur la conduite d’eau de pluie entre le filtre et le réservoir des toilettes. Assurez-vous qu’il est correctement positionné et calibré pour mesurer la quantité d’eau utilisée pour les toilettes.
- Installation du nouveau robinet flotteur : Placez le robinet flotteur dans le réservoir des toilettes (la plupart des réservoirs ont deux trous, un de chaque côté). Assurez-vous qu’il est correctement fixé et qu’il fonctionne correctement sans gêner l’autre robinet flotteur. Vous avez maintenant deux entrées : une pour la pluie, une pour le réseau potable.
- Connexion au réservoir des toilettes : Raccordez le flexible de votre pompe d’eau de pluie au nouveau robinet flotteur du WC. Les deux arrivées sont ainsi physiquement indépendantes dans le même réservoir. Le basculement se fait manuellement : si votre cuve est vide, fermez la vanne d’arrivée d’eau de pluie et ouvrez celle de l’eau potable. Cette méthode par double flotteur empêche tout retour d’eau de pluie vers le réseau public.
- Vérification et ajustements : Vérifiez toutes les connexions pour vous assurer qu’elles sont étanches et sécurisées.
- Test : Assurez-vous que le système fonctionne correctement en testant la partie aval, le remplissage du réservoir des toilettes avec de l’eau de pluie, puis en testant l’intégralité du système en faisant couler de l’eau sur votre toiture, en cas d’absence de pluie.
En suivant ces étapes, vous pourrez installer un système de récupération d’eau de pluie pour alimenter vos toilettes de manière efficace, tout en respectant la législation française. Assurez-vous de respecter toutes les directives concernant l’installation de tels systèmes.
Voici le schéma de la récupération d’eau de pluie pour WC, selon les explications de ce tuto :

Comment entretenir votre dispositif de collecte de l’eau pluviale pour les sanitaires ?
L’entretien d’un système de collecte de l’eau de pluie est précisé par les textes de loi. Il est impératif de réaliser certaines tâches d’entretien et de les consigner dans un carnet dédié. Pour synthétiser, vous allez devoir :
- Vous assurer régulièrement que les gouttières ne sont pas obstruées par des feuilles mortes ou tout autre débris végétal
- Vérifier régulièrement la propreté et le bon fonctionnement du dispositif
- Nettoyer la cuve et les filtres au moins une fois par an
Pour vous aider à mettre en place ce document exigé par la Loi, nous vous proposons gratuitement un modèle de carnet sanitaire (qui peut vous accompagner les 3 premières années) :
Je télécharge le carnet sanitaire
Combien coûte un système de récupération d’eau de pluie pour WC ?
Le prix total dépend de l’option choisie pour l’appoint. Voici le budget moyen pour une installation en auto-construction incluant : une cuve 500L, une pompe, les filtres, le compteur et les raccords.
| Solution choisie | Budget global estimé | Rentabilité (Foyer 4 pers.) |
| Option 1 : Remplissage au tuyau | 320 € | ~ 2,5 ans |
| Option 2 : Double robinet flotteur | 350 € | ~ 3 ans |
| Option 3 : Bac de disconnexion | 600 € | ~ 5 ans |
Détail des coûts (Base Option 2) :
- Stockage & Pompage : 220 € (Cuve aérienne + Pompe de surface).
- Filtration & Mesure : 100 € (Filtres sédiments + Compteur d’eau).
- Sécurité Appoint : 30 € (2e flotteur + vannes + flexibles).
Alerte « Double Comptage » : Quelle que soit l’option, l’eau potable utilisée en secours passe par votre compteur général. Si elle passe ensuite par votre compteur WC (Option 1 et 3 notamment), elle est comptée deux fois. L’Option 2 est la seule qui évite ce problème car le compteur est placé sur la ligne « Pluie » uniquement.
Quel est le coût de fonctionnement annuel ?
Une fois installé, le système est extrêmement économique. Comptez environ 20 à 30 € par an pour l’entretien :
- Électricité : La consommation de la pompe est minime, soit 5 à 8 € / an pour un foyer de 4 personnes.
- Filtres : Le remplacement des cartouches (1 à 2 fois/an) coûte environ 15 € / an.
- Assainissement : Vous payez la taxe de rejet sur les m3 de pluie mesurés (environ 2 €/m3 selon votre ville), comme pour l’eau potable.
Pourquoi ces prix sont-ils rentables ?
Avec une facture moyenne de 116 €/an pour les WC en France, un système DIY à 350 € est amorti en un temps record. Les frais d’entretien se limitent au nettoyage de la cuve et au changement des cartouches filtrantes (environ 15 €/an).
Coupler d’autres usages : Comment récupérer l’eau de pluie pour les WC et le lave-linge, voire d’autres utilisations ?
Si vous souhaitez mettre en place un système pour récupérer l’eau de pluie pour les WC et d’autres usages, il vous faut faire quelques ajustements par rapport à la mise en œuvre décrite dans cet article. L’utilisation de l’eau pluviale pour la machine à laver le linge ou laver les voitures, arroser le jardin et nettoyer les sols est tout à fait possible. Vous devrez, dès lors, prévoir une cuve d’une plus grande contenance.
Pour le lave-linge, il faut compter entre 45 et 110 litres à chaque machine, selon la qualité de l’appareil. Vous voyez clairement que l’écart est important. En matière de nombre de machines lancées par semaine, il y a aussi beaucoup de différence. Certains foyers français moyens vont faire une lessive par jour alors que d’autres se contentent de 2 par semaine. Aussi, il est bon que vous fassiez une estimation de votre propre utilisation moyenne avant d’initier un projet de récupération de pluie.
La réglementation française permet l’utilisation de l’eau de pluie pour alimenter une machine à laver le linge. L’Anses, l’agence de sécurité sanitaire française, le déconseille pour les personnes fragiles, telles que les personnes malades, âgées et qui ont des allergies ainsi que les jeunes enfants.
Notez que vous pouvez utiliser la même installation mise en place pour les sanitaires. Vous devrez néanmoins prévoir l’installation additionnelle d’un bon filtre (ajout recommandé d’une lampe UV et d’une filtration fine 25µ) pour atteindre la qualité de l’eau A+ et faire une déclaration préfectorale (avec une analyse de l’eau initiale). En effet, il est important de garantir une meilleure qualité de l’eau, car les vêtements lavés sont en contact direct avec la peau.
En conséquence, pour disposer d’une cuve avec plusieurs usages supplémentaires, vous devez anticiper un volume de citerne bien supérieur ainsi qu’un filtre pour le lave-linge. Rien de plus ! Nous vous avons concocté un guide spécifique sur la machine à laver à l’eau de pluie à découvrir ici.
Pompe à eau classique ou à surpression pour remplir la chasse d’eau de pluie ?
Une pompe à eau et un surpresseur sont deux dispositifs utilisés pour acheminer l’eau, mais ils présentent des différences importantes.
Différences entre une pompe à eau et un surpresseur
| Pompe à eau ordinaire | Surpresseur | |
|---|---|---|
| Fonctionnement | Dispositif qui fonctionne pendant toute la durée du remplissage du réservoir, sans régulation automatique de la pression. Elle s’active manuellement ou via un système basique (flotteur) et délivre un débit constant jusqu’à l’arrêt. | Pompe conçue pour augmenter la pression de l’eau dans un système en réduisant le volume d’eau. Activation uniquement lorsque la pression de l’eau chute en dessous d’un certain seuil, comme lors de l’utilisation d’un robinet ou d’un réservoir de WC. |
| Utilisation | Acheminer de l’eau d’une source vers un point d’utilisation, comme remplir un réservoir de WC ou arroser un jardin. | Maintenir une pression constante dans un système d’alimentation en eau, assurant un débit régulier et une pression adéquate pour les besoins domestiques. |
| Gestion de la pression | Pas de gestion de la pression de manière autonome. Elles fonctionnent pour fournir un débit d’eau constant, mais ne régulent pas la pression. | Maintien d’une pression constante dans le système, s’activant et se désactivant automatiquement en fonction des besoins. |
| Installation | Installation généralement simple. | Installation plus complexe, souvent nécessitant l’intervention d’un professionnel. |
| Coût | Solution généralement plus économique. | Solution plus coûteuse à l’achat, mais pouvant être rentable à long terme grâce à ses économies d’énergie. |
Situations où la pompe à surpression est préférable pour acheminer l’eau de pluie d’un bac vers un réservoir de WC
- Distance verticale entre le récupérateur d’eau de pluie et le réservoir de WC de plus de 5 mètres.
- Distance horizontale entre le bac de stockage et le réservoir de toilettes supérieure à 10 mètres.
- Gestion précise de la pression exigée.
- Fréquence d’utilisation élevée.
- Complexité significative du système du système d’alimentation en eau.
En conclusion, dans certaines situations pour améliorer le confort du foyer, une pompe à surpression sera préférable pour alimenter des toilettes.