Comment installer un système de récupération d’eau de pluie pour WC ?

Récupérer l’eau de pluie pour alimenter les toilettes fait partie des usages qui connaissent un très fort développement. Permise par la réglementation française, elle présente de nombreux atouts. Néanmoins, sa mise en œuvre, plus complexe que pour l’arrosage du jardin, requiert plusieurs précautions. Zoom sur le système de récupération d’eau de pluie pour WC.

Atouts et limites d'un système de récupération d'eau de pluie pour WC.

La faisabilité de la récupération d’eau de pluie pour les toilettes

Vous vous demandez si l’idée de récupérer l’eau pluviale pour alimenter une chasse d’eau est faisable ? La question soulève deux aspects : l’un technique, l’autre légal.

La possibilité technique d’installer un système de récupération d’eau de pluie pour WC

Si nous voyons tous le fonctionnement de la récupération d’eau de pluie pour les usages externes (comme l’arrosage du jardin), il est moins évident pour l’alimentation de la chasse d’eau. Pourtant, cela est tout à fait réalisable.

Si vous souhaitez utiliser l’eau qui coule sur votre toit pour arroser vos plants ou nettoyer votre voiture, le dispositif à installer est très simple. Il vous suffit de brancher une cuve aérienne de quelques centaines ou milliers de litres à votre descente de gouttière. Un collecteur classique, intégrant des filtres de base vous permettra de ne pas recueillir les feuilles mortes et autres débris végétaux. Un robinet en bas de la cuve vous permet alors de remplir un arrosoir ou un seau. Un tel système est peu coûteux et peut être mis en place par un bricoleur peu expérimenté.

Par contre, à partir du moment où vous souhaitez réaliser un système de récupération d’eau de pluie pour WC, la mise en œuvre devient un peu plus compliquée. Il est impossible de se passer d’une pompe, ce qui augmente les coûts. De plus, des précautions doivent être correctement mises en œuvre afin de respecter les contraintes légales.

Que dit la loi française ?

En France, il existe une réglementation spécifique pour la récupération de l’eau de pluie. Il n’est pas possible de faire ce que l’on veut. Récupérer l’eau pluviale pour les WC est autorisé explicitement par les textes réglementaires.

Toutefois, cette installation pour les toilettes requiert le respect de plusieurs conditions précisées dans l’arrêté du 21 août 2008 dont voici les principaux points :

  • Établir une déclaration en mairie concernant le rejet de l’eau de pluie dans le réseau d’assainissement collectif
  • Installer un système d’évaluation du volume d’eau de pluie utilisé dans le bâtiment, autrement dit un compteur d’eau
  • Concevoir un système évitant tout risque de contamination du réseau d’eau potable
  • Garantir un accès facile et sécurisé de l’installation dont le réservoir opaque doit pouvoir être vidangé entièrement
  • Mettre en œuvre une filtration de l’eau
  • Intégrer un trop-plein avec un clapet anti-retour
  • Intégrer des robinets de soutirage verrouillables au moyen d’un outil spécifique
  • Implanter une plaque de signalisation « eau non potable » avec un pictogramme au niveau de chaque point de soutirage de l’eau de pluie
  • Ne pas utiliser de produit antigel dans la cuve de stockage
  • Réaliser un entretien régulier de l’installation en complétant un carnet sanitaire

L’objectif de la déclaration à votre commune et de l’installation d’un compteur d’eau est de pouvoir évaluer l’utilisation que vous avez du réseau d’assainissement avec l’eau de pluie. En effet, si vous utilisez l’eau de pluie dans votre jardin, elle ne rejoint pas le réseau d’assainissement. Par contre, si vous l’utilisez pour les toilettes (et le lave-linge), elle emprunte le réseau d’assainissement. Le but est donc de pouvoir vous facturer le coût d’utilisation du réseau d’assainissement par l’eau potable ET l’eau de pluie utilisée à l’intérieur de la maison.

Pourquoi installer un système de récupération d’eau de pluie pour WC ?

Utiliser l’eau de pluie pour les toilettes présente un triple intérêt :

  1. Réaliser un gain financier : La facture d’eau est en augmentation constante et cette évolution est durable. Même si son prix n’est pas encore excessif, les frais payés chaque année par les familles ne sont pas pour autant négligeables. La facture annuelle moyenne en France est de 580 €, dont 20 % concernent le remplissage des toilettes.
  2. Résoudre un gaspillage illogique : Utiliser de l’eau potable pour tirer une chasse d’eau est absolument ubuesque. Ce gaspillage idiot d’une ressource aussi précieuse que l’eau peut facilement être résolu avec une cuve d’eau de pluie. Dans la mesure où la pluviosité en France le permet, il est logique de se servir de cette eau tombée sur nos toitures. De plus, elle offre des qualités intéressantes : peu calcaire et peu minéralisée, ce que les canalisations apprécient tout particulièrement.
  3. Préserver l’environnement : Installer un système de récupération d’eau de pluie pour WC est un geste écologique qui participe à la préservation de la planète. Vous économisez ainsi la ressource en eau qui est de plus en plus rare. Vous participez à la préservation des nappes phréatiques qui ont tendance à s’assécher de plus en plus d’année en année.
une cuve enterrée comme système de récupération d'eau de pluie pour WC.

Comment réaliser votre projet de récupération d’eau de pluie pour les WC ?

Voici toutes les étapes nécessaires à l’installation d’un système de récupération d’eau de pluie pour WC.

1/ Définir votre besoin en alimentation en eau de pluie des chasses d’eau

Avant toute chose, il est nécessaire de déterminer quelle installation vous allez entreprendre. Aussi, interrogez-vous sur le volume de cuve qu’il vous faut.

Vous pouvez procéder de plusieurs façons pour calculer vos besoins. Il peut être pertinent de réaliser un calcul en situation réelle. Pour ce faire, demandez que toutes les personnes de votre foyer notent à chaque fois qu’elles utilisent les toilettes durant une ou deux semaines. Ainsi, vous pourrez établir une bonne estimation de votre consommation annuelle.

Pour calculer votre consommation, vous pouvez également utiliser les statistiques existantes. Une chasse d’eau représente entre 5 et 10 litres d’eau. Chaque individu tire en moyenne 4 fois par jour la chasse. En moyenne, un ménage français consomme 143 litres d’eau par jour (selon l’Ademe), dont 29 € pour les WC.

Une fois votre consommation établie, il convient de vérifier que votre toiture est en mesure de « produire » suffisamment d’eau pluviale. Pour cela, voyez la pluviométrie de votre commune ou de votre département. 1 millimètre de pluie représente 1 litre d’eau par mètre carré. Donc, si vous êtes dans le Finistère, la pluviométrie est de 1.299 mm en 2019, soit 64.950 L par an pour un toit de 50 m². Généralement, 10 % sont enlevés au titre de l’évaporation.

Après vos calculs, vous constaterez qu’un réservoir de 300-400 litres est suffisant. Il s’agit d’un des modèles les plus courants.

2/ Déterminer quel type de cuve pour votre système

Si vous souhaitez utiliser l’eau pluviale pour vos sanitaires exclusivement, votre projet ne sera pas le même que si vous souhaitez aussi arroser votre jardin, laver vos véhicules, nettoyer les sols et alimenter le lave-linge. Vos besoins en termes de volume de cuve et de complexité de l’installation seront différents.

Vous allez devoir choisir entre une cuve aérienne (posée à même le sol), un réservoir souple et une citerne enterrée. Les matériaux peuvent être le plastique, le béton ou du textile. Pour uniquement alimenter les WC, il est souvent préféré un bac à poser, idéalement à l’intérieur pour éviter le gel et une usure trop rapide. C’est la solution la moins onéreuse et la plus simple à mettre en place.

Dans ce cas, vous pouvez installer le système de récupération d’eau de pluie pour WC dans un garage, un appentis ou le sous-sol. Une cuve en plastique de 300-400 L est le plus souvent suffisante.

Si vous préférez la citerne enterrée, elle sera le plus souvent en béton ou en polyéthylène. Elle va nécessiter des travaux de terrassement respectant certaines conditions. L’intervention d’un professionnel compétent est recommandée. Le coût est alors bien plus conséquent, à moins d’être intégré à un projet de construction neuve. C’est néanmoins la solution à privilégier, si vous souhaitez utiliser l’eau de pluie pour de nombreux usages et collecter une importante surface de toit.

Enfin, il est possible pour un volume important toujours de choisir les modèles souples. Ils ont l’intérêt de pouvoir se glisser dans un vide sanitaire, ce qui les rend très peu visibles sans travaux spécifiques.

3/ Choisir le lieu d’implantation de votre récupérateur d’eau de pluie pour chasse d’eau

Vous allez ensuite devoir déterminer où installer votre citerne. Pour ce faire, tenez compte de trois localisations :

  • Celle de la descente de gouttière à raccorder au dispositif
  • Celle possible pour le type de cuve de récupération choisi
  • Celle de vos toilettes

Une simple maison à deux pans, offre deux descentes de gouttière. Mais si vous disposez de plusieurs bâtiments ou d’une habitation d’une forme spécifique, vous pouvez avoir bien plus d’options.

Pour une cuve aérienne, certains modèles peuvent être laissés dehors, mais il sera plus sûr de les installer à l’intérieur. Pour une citerne enterrée, des contraintes d’implantation doivent être respectées : distance par rapport à la maison, implantation hors du passage des voitures…

Enfin, il est préférable de prévoir un système de récupération d’eau de pluie pour WC à proximité des toilettes. Bien évidemment, plus le dispositif est concentré, moins il sera coûteux et plus il sera simple à installer. Mais les contraintes sont nombreuses, et ce peut être difficile de tout concilier.

4/ Finaliser le projet de système de récupération d’eau de pluie pour WC

Pour en terminer avec tous les préparatifs, il vous faut lister tous les achats à réaliser :

  • La cuve, telle que définie précédemment
  • La pompe de surpression (le plus souvent pour les bacs aériens) ou immergée (généralement pour les réservoirs enterrés)
  • Les filtres au niveau de la descente de gouttière (une crapaudine pour retenir les feuilles mortes), avant et après la cuve (filtre en nylon 25 microns, par exemple)
  • Le collecteur raccordant la gouttière à la cuve (qui peut intégrer ou non un filtrage)
  • Le trop-plein
  • Le clapet anti-retour qui représente la garantie que les réseaux d’eau (potable et de pluie) ne se mélangent pas
  • Un robinet flotteur pour le réservoir des WC
  • Le compteur d’eau supplémentaire
  • Les canalisations et autres flexibles d’alimentation nécessaires aux raccords des différents appareils

Vous pouvez aussi faire appel à des professionnels pour obtenir plusieurs devis et prendre conseil.

5/ Faire les démarches administratives

Respecter les contraintes légales est important. Aussi, vous allez devoir réaliser une déclaration en mairie qui intègre les éléments suivants :

  • L’identification du bâtiment concerné
  • L’évaluation des volumes utilisés à l’intérieur des bâtiments.

6/ Installer le système de récupération d’eau de pluie pour WC

Enfin, il ne vous reste plus qu’à procéder aux travaux d’installation de votre dispositif ou de faire appel à un professionnel pour effectuer les branchements.

Comment réaliser un système de récupération d'eau de pluie pour WC ?

Comment entretenir votre dispositif de collecte de l’eau pluviale pour les sanitaires ?

L’entretien d’un système de collecte de l’eau de pluie est précisé par les textes de loi. Il est impératif de réaliser certaines tâches d’entretien et de les consigner dans un carnet dédié. Pour synthétiser, vous allez devoir :

  • Vous assurer régulièrement que les gouttières ne sont pas obstruées par des feuilles mortes ou tout autre débris végétal
  • Vérifier semestriellement la propreté et le bon fonctionnement du dispositif
  • Nettoyer la cuve et les filtres au moins une fois par an

Combien coûte un système de récupération d’eau de pluie pour WC ?

Pour évaluer la rentabilité de votre dispositif, il est essentiel d’en évaluer le coût avant sa réalisation. Le prix va dépendre bien évidemment du type de système que vous choisissez.

L’option la moins coûteuse correspond à la mise en place d’un réservoir aérien couplé à un surpresseur. L’ensemble des frais nécessaires à cette solution représente moins de 400 €, si vous le faites vous-même. Les frais de fonctionnement sont négligeables et correspondent à l’électricité de la pompe. Bien réalisé, le système de récupération d’eau de pluie pour toilettes peut fonctionner facilement une dizaine d’années.

Sur la base d’un foyer de 4 personnes, la facture moyenne annuelle de consommation d’eau dédiée aux toilettes est de 116 €. Donc, avec cette option, l’investissement est amorti en moins de 3 ans et demi.

Si vous choisissez de mettre en œuvre une installation plus importante comblant davantage de besoins en eau (arrosage du jardin, lavage des sols et des voitures, lave-linge…), les frais d’investissement seront plus conséquents. Sur la base d’un volume de 3.000 litres, votre système va démarrer à 2.500 €, sans compter le coût du terrassement. Ces citernes enterrées sont garanties minimum 10 ans, souvent 15 ans. Aussi, la rentabilité est bien plus lointaine et incertaine, mais l’équipement vous sera utile très longtemps et pour de nombreuses utilisations.

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